On m'a pris pour un plouc !

Eh oui ! J'ai eu le malheur d'annoncer que je vivais à la campagne...
...et des explications sur l'état de ma moto sont tombées aussitôt !

«Vous avez du rouler dans des résidus de produits chimiques destinés à l'épandage agricole en passant derrière un engin qui aurait perdu tout ou partie de son chargement...»

Et bien sûr, il devait y en avoir 20 cm d'épaisseur sur la route et ce sur 50 mètres de long pour que le produit asperge jusqu'au haut du moteur ! Fichus paysans ! Déverser ainsi plusieurs centaines de mètres cube d'acide sur la route !

Il faudrait peut-être arrêter de nous prendre pour des andouilles, Monsieur Bmw !
Je pense aussi que dans pareil cas, mon pantalon et mes godillots s'en souviendraient...

«Mais Monsieur, savez-vous qu'un produit agressif pour la peinture peut très bien ne pas avoir d'effet sur le tissus ou le cuir...»

«Et les bouses de vaches ? Y avez vous pensé ?
Avez-vous déjà vu les dégâts causés par une minuscule fiente de pigeon sur une carrosserie de voiture ?
Alors imaginez un peu l'effet de bouses de plusieurs litres chacune !»

STOP !!!

J'ai dû couper court avec ce monsieur qui commençait à m'agacer.

Il m'a tout de même suggéré avant que l'on se quitte, si j'étais assuré "tous risques", de me rapprocher de mon assurance qui prendrait peut-être en charge cette "catastrophe surnaturelle".

Je lui ai demandé de bien vouloir m'envoyer un courrier dans ce sens, dont voici la copie.

De retour à la concession, j'ai annoncé au chef d'atelier que son Saveur m'avait pris pour un plouc avec ses bouses de vaches et ses produits agricoles. Cela l'amusa un peu...

Puis il me demanda :

— « Votre moto couche-t-elle dehors ?»
— « Non, dans un garage.»
— « Ah... Et ce garage est-il humide ?»
— « Oui, certainement un peu, Docteur Knock, comme tout garage non attenant à la maison et qui n'est pas chauffé...»
— « Ne cherchez pas plus loin ! C'est sans soute pire que de la laisser dormir dehors, car elle ne peut jamais sécher... En effet, une moto qui couche dehors et qui subit une averse finit par sécher par l'effet du vent quand l'averse est partie, alors que dans un garage humide, point de vent pour la sécher ! C'est pire !»

Alors là, j'avoue que j'ai été scié ! Quelle démonstration !

J'ai tout de même manifesté mon étonnement, car la moto de ma compagne qui dort dans le même garage est en bon état. Là, on m'a dit que la moto de ma compagne — elle sortait d'une révision dans le même atelier — était complétement «pourrie» !
Voir ou revoir la rubrique : Une autre moto utilisée dans les mêmes conditions
(Vous la trouvez pourrie, vous, la Triumph de ma compagne ?)

Je vous passe l'histoire de l'hélicoptère qui, plongé quinze jours dans de l'eau de mer, n'a jamais jamais retrouvé car entièrement dissous par le sel, comme quoi aluminium et magnésium sont très sensibles au sel !

Je ne m'étendrai pas non plus sur la suggestion scabreuse du chef d'atelier de vandaliser moi-même ma bécane pour faire ensuite fonctionner mon assurance...

C'en était trop, je n'ai plus insisté, commençant déjà à mijoter le contenu du présent site internet...